Haïkus – février 2021

Quelques autres haïkus de février (pas ceux du défi ‘NaHaiWriMo’).

rire des enfants
une crêpe
sur la tête

épater les amis
le double salto arrière
de la crêpe

jour des crêpes
une lune
collée au plafond

confinement
tous ces voyages
en ultra HD

cigarette éteinte –
le bon prétexte
pour se balader sans masque

Rire

La dernière fois que j’ai ri aux éclats
ça devait être une blague de ma copine
saugrenue
et monumentale

je me roulais par terre
impossible de s’arrêter

dès la moindre accalmie
un mot d’elle              jeu
un regard                    étincelle
un geste                      rappel
et je repartais de plus belle

je riais aux éclats
et chaque éclat
comme un éclair
embrasait les sombres humeurs du monde

Haïkus – décembre 2020

rendez-vous discret
dix fois qu’il promet
de quitter sa femme

covid-19
10 étages
pour un seul employé

masques, plexy
cris du client
pour parler au caissier

caisse à l’hyper
par-dessus la foule
le prix des poireaux

maman au téléphone
l’enfant bavarde
silencieusement

marché communal
les chiens se reniflent
les maîtres aussi

andalouse ou américaine
difficile de choisir
la sauce des frites

presque Noël
les yeux dans les yeux
avec une patate

cuisinier sadique
énucléer
un tubercule

encore une d’épluchée
le tas de patates
a-t-il diminué ?

plat de chips
les miettes des enfants
pour les adultes

clémentine épluchée
d’un seul tenant
empereur peleur !

vieux passager
il range, range et re-range
ses sacs plastiques

balade hivernale
bien plus de temps
pour s’équiper

pince à épiler
et poils gris des sourcils
duel de la saint-Sylvestre

nouvel an
le ciel, la terre et mes cheveux
tout blanc

repas de noël
à poële
le foie gras

repas de Noël
gras, gras
et gras

musée des beaux-arts
trop de monde
à la boutique

Haïkus – novembre 2020

ouvrant les volets
soleil levant
non ! Un lampadaire

60 bougies
celles de l’an dernier
encore bonnes

marée basse
marcher dans les flaques
chaussettes mouillées

Le plus beau des cadeaux

Un conte de Noël

Avant de s’endormir, Julien regarda encore sa boîte à trésor. Dans les rayons de lune, les quelques grains de sel qu’elle contenait brillaient déjà un peu. Demain, à la pleine lune, ils seraient resplendissants. Il pourrait sortir et en récolter assez pour remplir sa petite boîte. Il en était sûr. Même si son père l’avait interdit. Il l’avait surpris, il y a trois mois, et lui avait raconté que des monstres rôdaient la nuit dans les salines. Des histoires pour les enfants, vraiment, se disait Julien. D’ailleurs, il n’en avait jamais vu.

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Larmes

La mer commence ici, peut-on lire à côté de quelques bouches d’égout. Je crois même qu’elle commence dans chaque maison, dans chaque évier.

D’ailleurs, une légende raconte que si la mer est salée, c’est d’avoir accumulé les larmes de tous les chagrins de l’humanité. Innombrables raisons de pleurer. Les occasions perdues, les blessures, les espoirs déçus. Le sel de la vie qu’on n’a pas goûté s’enfuit dans nos larmes, dans l’évier où l’on se rince le visage d’avoir trop pleuré, dans l’égout, le fleuve, l’océan. Qui n’en peut plus d’accumuler la tristesse des hommes.

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