Sel

La mer commence ici, peut-on lire à côté de quelques bouches d’égout. Je crois qu’elle commence même dans chaque maison, dans chaque évier.

D’ailleurs, une légende raconte que si la mer est salée, c’est d’avoir accumulé les larmes de tous les chagrins de l’humanité. Innombrables raisons de pleurer. Les occasions perdues, les blessures, les espoirs déçus. Le sel de la vie qu’on n’a pas goûté s’en va dans nos larmes, dans l’évier où l’on se rince le visage d’avoir trop pleuré, dans l’égout, le fleuve, l’océan. Qui n’en peut plus d’accumuler la tristesse des hommes.

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Résonances

Confidence, outrecuidance, émergence, expérience ou truculence ?

Je range un peu mes fichiers, et je tombe sur un vieux texte de 2008, que voici un peu remanié. Amusant…

Résonances
nos cœurs dansent
c’est intense
ni méfiance
ni défiance
mais… élégance

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J’avance

J’avance.

J’avance dans un couloir. Je ne sais plus depuis quand, mais j’avance. Les murs blancs et lisses, aucune aspérité, aucun repère. A l’infini. Le plafond, très haut. Pas de fenêtre. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas où j’en suis. J’avance.

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Si la Terre

Si la Terre s’arrêtait de tourner
l’amour serait-il toujours là
immobile
impassible
au défi du feu et des bombes

Reconstruire le foyer détruit
cent fois
semer le champ arraché
toujours

Si la Terre s’arrêtait de tourner
c’est peut-être ça qu’il faudrait
pour comprendre
le vent, le soleil et la pluie
plutôt que la torture et les balles

Comprendre et renvoyer
la terre tournebouler
dans l’espace dégagé