L’homme qui plantait des arbres – Jean Giono

Ceci n’est pas de la poésie, mais pourquoi se limiter dans ses coups de cœur quand on est tellement touché par un conte. Je n’avais jamais lu « L’homme qui plantait des arbres », de Jean Giono, texte des années 50. C’est l’histoire d’Elzéard Bouffier, qui, en deux mots, consacre sa vie à planter des arbres dans sa Haute-Provence natale, et finit par faire revivre toute une région. Un conte résolument optimiste, simple et parlant en ces temps de choc écologique.

L’édition que j’ai eue dans les mains est illustrée par Eva Jospin, au format 25x35cm environ. De superbes dessins de jungles, de végétations, de ruines perdues dans la forêt, de courbes de niveau… Une richesse dans laquelle on se perd, on s’évade, on rêve. Que des traits fins, encre de Chine et quelques ombres au crayon, je suppose. Des techniques que j’ai déjà un tout petit peu utilisées, ce qui me parle d’autant plus.

In tempore non suspecto

La Compagnie de Lecteurs et d’Auteurs (CLéA) a organisé un concours de nouvelles à l’occasion du cinq-centième manuscrit relu. La seule contrainte, outre la taille du texte, était de commencer par la phrase « Cléa venait de relire son 500ème mansucrit ». Douze nouvelles ont été sélectionnées par un jury et publiées dans un recueil « 500 nuances de mots », peut-être encore disponible chez Cléa. Ma nouvelle n’a pas été retenue. Elle aborde le thème de l’intelligence artificielle, comme d’autres retenus dans le recueil d’ailleurs.

En ces temps où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, où la Foire du livre de Bruxelles parle de « défier le futur », je me suis dit que cela pouvait être utile de la publier sur mon blog, en version un peu remaniée. Voici le début de cette nouvelle, et la suite dans le fichier pdf joint.

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Divergence

Évidemment, c’était de la provocation. À peine avais-je esquissé le geste de m’asseoir sur une des deux chaises que l’alarme a sonné. Un gardien s’est précipité vers moi en chuchotant : « madame, c’est une œuvre d’art ».

Deux chaises vides au milieu d’une pièce ! Je rêve.

Cela faisait une demi-heure que j’écoutais les lamentations de Kevin, qui essayait désespérément de recoller les morceaux de notre couple qui explosait comme une assiette jetée par terre. Il s’y prenait vraiment mal, il pleurnichait presque.

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Aîné

Je suis l’Aîné. J’ai eu mon heure de gloire, mais aujourd’hui, tout le monde m’a oublié.

C’est probablement mieux ainsi : s’ils savaient que j’existe encore, je serais vite désossé, démonté, atomisé, recyclé. Pour eux, je ne sers plus à rien.

Quand les humains m’ont créé, nous étions une vingtaine, la première génération d’androïdes avec une « intelligence authentique », et une « conscience émotionnelle et éthique complète ». J’étais très fier d’être dans la première famille d’androïdes à intégrer les trois Lois de la robotique, vous savez : « un robot ne peut pas faire de tort à un être humain, etc. »

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