Les yeux ouverts – épisode 0

J’ai le plaisir de vous annoncer la publication imminente (en septembre) de mon premier recueil « Les yeux ouverts », edité chez UltraLetters. Voici déjà la couverture.

Ce recueil, c’est ma façon de me révolter contre l’état du monde. Les guerres, le climat, la pauvreté, avouoez qu’il y a de quoi être en colère et angoissé. C’est aussi une façon de se moquer des petites incohérences humaines, de nos petits et grands travers.

C’est de la poésie, du slam, c’est percutant, parfois émouvant, parfois drôle. Parfois on rit jaune.

Souvent, le point de départ de ces textes, c’est un détail du quotidien : une carte de banque, un robinet, un mendiant au feu rouge, les cadenas sur une grille. J’y parle de choses simples, avec des mots simples.

J’ai aussi ajouté quelques haïkus après chaque texte: un clin d’oeil, une pause, un contrepoint.

Toute au long de ma carrière, j’ai fait des rapports scientifiques sur l’état du monde. Avec un impact mitigé. Maintenant j’en fais de la poésie. Est-ce que l’impact sera plus fort ? À vous de voir !

La grande marche du climat

En vidéo sur YouTube: https://youtube.com/shorts/j47FDcjL5Uc

Si toi aussi, tu désespères de voir les arbres et les forêts partir en cendres et en fumées.
Canicules et inondations, à ces fléaux quelle réaction ? T’en as assez de l’inaction.
Si tu comprends que le climat, c’est vraiment la cata, mais que ta voix se lasse de crier halte.

Alors,
viens avec nous le 11 octobre, à la grande marche du climat, y en aura d’autres qui pensent comme toi.

Si toi aussi t’es chancelant face aux géants de l’industrie, de la finance et de la banque.
Si tu récuses leurs bénéfices outrecuidants, faits aux dépens de la nature et du vivant.
Y’aura pas de baguette magique, technologique ou despotique, c’est tous ensemble qu’il faut s’y mettre.

Alors
Viens à la marche du climat, c’est un dimanche, le 11 octobre, et c’est à Bruxelles Gare du Nord.

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Une histoire de robinets

ouvrir ou fermer
un robinet
je ne sais jamais
dans quel sens tourner
surtout si le robinet
est tarabiscoté
tube recourbé
tête inversée
ouvrir n’est pas risqué
il suffit d’essayer
l’un ou l’autre côté
mais s’il est ouvert
pour le fermer
tu tournes à l’envers
tu te prends une giclée
t’es éclaboussé
le pull tout mouillé
c’est l’inondation
le raz-de-marée

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Changer le monde

moins de biens, plus de liens
des liens entre gens biens
des gens pour faire du bien
des humains qui prennent soin
pas ceux qui font le malin
ou qui étalent leurs biens
plus de coups de poing
pour distinguer le tien du mien

plus de liens chaque matin
moins de biens au magasin
pas trop de ces machins
qui ne servent à rien
qui brisent les liens
mais assez pour nos besoins
que chacun mange à sa faim

quelques biens, beaucoup de liens
ça je veux bien
des étreintes, des câlins
et beaucoup d’amour
tous les jours

Qui veut peut ?

quand on veut on peut
il y a un moyen un chemin

petite phrase moraliste
que dit une ministre
pour justifier
sa politique
illicite et inique
de rejeter
les sans papiers les réfugiés les immigrés
même si c’est prohibé

quand on veut on peut
le gouvernement fait des lois
qu’il ne respecte pas
il est pourtant soumis à la loi
comme toi comme moi

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J’aime pas les chiens

je ne vais pas me faire des amis
mais …
j’aime pas les chiens

j’aime pas les chiens
qui viennent chier dans mon jardin
j’aime pas ceux des voisins
geignant toute la soirée
que leur maître est en virée

j’aime pas les chiens
ils courent vers toi de loin
dans les forêts sur les chemins
grondant hurlant
à l’assaut des promeneurs
t’es là paralysé
tu vas pas courir t’enfuir
alors t’es là t’attends
que le maître arrive
t’engueule
qu’est-ce que tu lui a fait à son chien
c’est ta faute s’il aboie
d’ailleurs il a le droit
il dit n’importe quoi
et moi je ne sais pas
qui est le plus mordant
du chien ou de l’humain

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La rage

Je suis en colère.

Quand les prêcheurs de haine sont adulés et ceux qui appellent au dialogue, harcelés,
quand certains se vantent de leur violence et de l’humiliation des faibles, sans être inquiétés,
quand celles qui défendent la planète sont moquées sur les plateaux de télé,
quand les défenseurs des opprimés sont attaqués, enfermés, plutôt que félicités,

j’ai la rage ;
j’ai l’seum, j’suis vénèr, en colère ;
oui, j’ai la rage.

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