Un coup de poing dans le ventre ! J’ai le souffle coupé en lisant «J’ai quelque chose de dangereux à déclarer », de Craig Santos Perez. Rien que le titre, j’avais déjà envie de lire ce recueil. Il faut dire qu’il aborde des sujets qui tiennent à cœur et que j’aborde également dans mon écriture. Il dénonce le réchauffement climatique, les plastiques, la chute de la biodiversité, la société de consommation, les bombes nucléaires, notre mode de vie extractiviste, les inégalités criantes, j’en passe, je ne vous fais pas toute la liste.
Deux phrases extraites de ce recueil, pour en donner le ton :
- être « queer » n’est pas « contre nature », mais la nature elle-même dansant par-delà les frontières.
- La Terre est saccagée mais je le cache à mes enfants.
Des poèmes de révolte, de colère, de dénonciation, dans une langue simple et accessible. Perez expérimente diverses formes poétiques dans cet ouvrage, vers libres, calligrammes, prose, jeux sur la typographie et les lettres… Toutes ces expérimentations ne me parlent pas nécessairement, mais on ne peut manquer de sentir la grande force et la grande colère qui se dégagent de ce recueil.
Édité chez Bruno Doucey, ce recueil est bilingue anglais-français. Il a été traduit par un collectif d’étudiants de l’université de Brest.
Craig Santos Perez est un américain de l’île de Guam, du peuple Chamorro. Il se spécialise notamment dans la dissémination de la littérature et la culture des îles du Pacifique (Source : Wikipedia).
