J’ai quelque chose de dangereux à déclarer – Craig Santos Perez

Un coup de poing dans le ventre ! J’ai le souffle coupé en lisant «J’ai quelque chose de dangereux à déclarer », de Craig Santos Perez. Rien que le titre, j’avais déjà envie de lire ce recueil. Il faut dire qu’il aborde des sujets qui tiennent à cœur et que j’aborde également dans mon écriture. Il dénonce le réchauffement climatique, les plastiques, la chute de la biodiversité, la société de consommation, les bombes nucléaires, notre mode de vie extractiviste, les inégalités criantes, j’en passe, je ne vous fais pas toute la liste.

Deux phrases extraites de ce recueil, pour en donner le ton :

  • être « queer » n’est pas « contre nature », mais la nature elle-même dansant par-delà les frontières.
  • La Terre est saccagée mais je le cache à mes enfants.
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Désir dingue – Aurélien Dony


Peut-on désirer sans aimer ? Comment faire taire les peurs de ne pas y arriver ? Comment être dans le corps, pas dans la tête ? Aurélien Dony parle de toutes ce questions autour du désir masculin. Il n’offre pas de réponse. Mais en nous touchant par sa poésie (on n’est ni dans l’érotisme ni dans la pornographie), en parlant de désir sans presque parler d’amour (bien sûr qu’il en parle aussi), il nous pousse à la réflexion sur ce que nous sommes. Outre que j’aime son écriture, en tant qu’homme, ce recueil rejoint mes éternelles questions. Mais comme il dit : « Me reste à écrire qu’aucun mot n’élucide ni n’éclaire le trouble d’être aux autres ». Personnellement, avec les années, je n’ai trouvé qu’une seule réponse : aimer, et quand on rencontre celui ou celle qui nous correspond : préserver, fortifier, nourrir et faire grandir ce lien merveilleux.


Parasismique – Carlos Bustamante


Apprendre qu’on est atteint de sclérose en plaques est un tremblement de terre. Face à cette situation sismique, Carlos Bustamante développe des solutions de vie parasismique. Il en parle joliment dans ce court recueil auto-édité. Des poésies en vers libres, qui expriment avec simplicité ses émotions, la souffrance, les peurs et les joies. Il parle de sa relation au monde, de comment il le perçoit et de comment il se sent intégré (ou pas) dans ce monde de la « dictature de la perfection ». Une lecture qui interpelle, sur la maladie, la vie et l’évolution de la société.

Steal Like an Artist – Austin Kleon

Trois petits livres inspirants sur la créativité et comment la soutenir, la maintenir, la faire grandir. Comment continuer quand le défaitisme nous prend à la gorge ? Quand l’impression de n’arriver à rien nourrit nos insomnies ?

Ils existent aussi en français. Un quatrième va bien paraître, Don’t call it art.

Un des conseils qu’il propose, c’est de partager ses coups de cœur, ce qui nous nourrit, ce qui nous inspire. Voici donc ma bonne résolution du 3 juin 2026, (essayer de) publier régulièrement mes coups de cœur poétiques. Et créatifs, comme c’est le cas de ces trois petits bouquins très motivants, remplis d’exemples, de cas concrets, de bonnes pratiques où on peut piocher ce qui nous convient et peut-être explorer de nouvelles idées.

Austin Kleon, Steal Like an Artist / Voler comme un artiste, etc.

Une histoire de robinets

ouvrir ou fermer
un robinet
je ne sais jamais
dans quel sens tourner
surtout si le robinet
est tarabiscoté
tube recourbé
tête inversée
ouvrir n’est pas risqué
il suffit d’essayer
l’un ou l’autre côté
mais s’il est ouvert
pour le fermer
tu tournes à l’envers
tu te prends une giclée
t’es éclaboussé
le pull tout mouillé
c’est l’inondation
le raz-de-marée

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Changer le monde

moins de biens, plus de liens
des liens entre gens biens
des gens pour faire du bien
des humains qui prennent soin
pas ceux qui font le malin
ou qui étalent leurs biens
plus de coups de poing
pour distinguer le tien du mien

plus de liens chaque matin
moins de biens au magasin
pas trop de ces machins
qui ne servent à rien
qui brisent les liens
mais assez pour nos besoins
que chacun mange à sa faim

quelques biens, beaucoup de liens
ça je veux bien
des étreintes, des câlins
et beaucoup d’amour
tous les jours

Qui veut peut ?

quand on veut on peut
il y a un moyen un chemin

petite phrase moraliste
que dit une ministre
pour justifier
sa politique
illicite et inique
de rejeter
les sans papiers les réfugiés les immigrés
même si c’est prohibé

quand on veut on peut
le gouvernement fait des lois
qu’il ne respecte pas
il est pourtant soumis à la loi
comme toi comme moi

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In tempore non suspecto

La Compagnie de Lecteurs et d’Auteurs (CLéA) a organisé un concours de nouvelles à l’occasion du cinq-centième manuscrit relu. La seule contrainte, outre la taille du texte, était de commencer par la phrase « Cléa venait de relire son 500ème mansucrit ». Douze nouvelles ont été sélectionnées par un jury et publiées dans un recueil « 500 nuances de mots », peut-être encore disponible chez Cléa. Ma nouvelle n’a pas été retenue. Elle aborde le thème de l’intelligence artificielle, comme d’autres retenus dans le recueil d’ailleurs.

En ces temps où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, où la Foire du livre de Bruxelles parle de « défier le futur », je me suis dit que cela pouvait être utile de la publier sur mon blog, en version un peu remaniée. Voici le début de cette nouvelle, et la suite dans le fichier pdf joint.

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