ouvrir ou fermer
un robinet
je ne sais jamais
dans quel sens tourner
surtout si le robinet
est tarabiscoté
tube recourbé
tête inversée
ouvrir n’est pas risqué
il suffit d’essayer
l’un ou l’autre côté
mais s’il est ouvert
pour le fermer
tu tournes à l’envers
tu te prends une giclée
t’es éclaboussé
le pull tout mouillé
c’est l’inondation
le raz-de-marée
Changer le monde
moins de biens, plus de liens
des liens entre gens biens
des gens pour faire du bien
des humains qui prennent soin
pas ceux qui font le malin
ou qui étalent leurs biens
plus de coups de poing
pour distinguer le tien du mien
plus de liens chaque matin
moins de biens au magasin
pas trop de ces machins
qui ne servent à rien
qui brisent les liens
mais assez pour nos besoins
que chacun mange à sa faim
quelques biens, beaucoup de liens
ça je veux bien
des étreintes, des câlins
et beaucoup d’amour
tous les jours
Comment tu fais ?
comment tu fais
dis-moi
comment tu fais
pour détourner le regard
quand tu vois un mendiant sur le trottoir
pour passer à côté
sans te retourner
comment tu fais
pour te taire
quand tu entends
une insulte raciste
une insulte sexiste
quand tu entends…
je ne te fais pas toute la liste
Qui veut peut ?
quand on veut on peut
il y a un moyen un chemin
petite phrase moraliste
que dit une ministre
pour justifier
sa politique
illicite et inique
de rejeter
les sans papiers les réfugiés les immigrés
même si c’est prohibé
quand on veut on peut
le gouvernement fait des lois
qu’il ne respecte pas
il est pourtant soumis à la loi
comme toi comme moi
In tempore non suspecto
La Compagnie de Lecteurs et d’Auteurs (CLéA) a organisé un concours de nouvelles à l’occasion du cinq-centième manuscrit relu. La seule contrainte, outre la taille du texte, était de commencer par la phrase « Cléa venait de relire son 500ème mansucrit ». Douze nouvelles ont été sélectionnées par un jury et publiées dans un recueil « 500 nuances de mots », peut-être encore disponible chez Cléa. Ma nouvelle n’a pas été retenue. Elle aborde le thème de l’intelligence artificielle, comme d’autres retenus dans le recueil d’ailleurs.
En ces temps où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, où la Foire du livre de Bruxelles parle de « défier le futur », je me suis dit que cela pouvait être utile de la publier sur mon blog, en version un peu remaniée. Voici le début de cette nouvelle, et la suite dans le fichier pdf joint.
Poursuivre la lecture de « In tempore non suspecto »Kukaï du lion – 7 mars 2026
Nous étions quatorze participants pour ce kukaï du lion de printemps, dont six nouvelles personnes. Bienvenue à Aymeric, Annabelle, Nicolas, Étienne, Valérie et Corentin ! Une découverte de nouvelles voix qui ont largement été appréciées lors du kukaï. Un merci tout particulier à Valérie, qui nous a régalé de ses cartes postales (voir l’illustration ci-dessous).
Alain fait une petite introduction et rappelle la publication du recueil 2019-2024 du kukaï du lion. Il contient les haïkus sélectionnés (au moins deux voix) depuis sa création en 2019 par Karin Louryan, y compris ceux de la saison 2023-24. Des illustrations de Françoise Gabriel enrichissent le recueil. Il est proposé au prix coûtant de 5 euros (plus frais d’envoi éventuels).
Voici le palmarès de cette édition.
Avec 6 voix
Flottant et léger
il glisse
sur son ombre
Valérie Locatelli
Derrière l’arbre
rien que le vent
et pourtant
Valérie Locatelli
Haïkus – janvier et février 2026
trois vieux amis –
ils discutent
de leur prostate
enterrement –
trente-six fois
le mot « courage »
mal de mer –
à voir les autres manger
j’ai déjà la nausée
Ce qui est juste
aurais-je le courage de faire ce qui est juste
si un ami un frère une sœur tombe à mes côtés
aurais-je le courage de la relever de l’aider
malgré les matraques et les fusils braqués
aurais-je le courage de dire ce qui est juste
plutôt que me taire pour éviter les coups
J’aime pas les chiens
je ne vais pas me faire des amis
mais …
j’aime pas les chiens
j’aime pas les chiens
qui viennent chier dans mon jardin
j’aime pas ceux des voisins
geignant toute la soirée
que leur maître est en virée
j’aime pas les chiens
ils courent vers toi de loin
dans les forêts sur les chemins
grondant hurlant
à l’assaut des promeneurs
t’es là paralysé
tu vas pas courir t’enfuir
alors t’es là t’attends
que le maître arrive
t’engueule
qu’est-ce que tu lui a fait à son chien
c’est ta faute s’il aboie
d’ailleurs il a le droit
il dit n’importe quoi
et moi je ne sais pas
qui est le plus mordant
du chien ou de l’humain
Haïkus – novembre et décembre 2025
chaque semaine
un peu plus dégonflé –
le ballon
pluie à verse
enfin
entrer dans le train
touffe de poussières –
à chaque ouverture de porte
ballottée par le vent
