je dérive quelque part
entre sommeil et réveil
les dernières traces d’un rêve
pas tout-à-fait envolées
ce n’était pas un cauchemar
et je vogue encore
dans ce brouillard étale
cette ivresse calme
cette paresse fervente
je dérive quelque part
entre sommeil et réveil
il fait jour je le devine
au soleil qui émerge
à travers les persiennes
aux pigeons qui roucoulent
aux voitures qui roulent
il fait jour mais rien ne m’appelle
je reste encore un peu sous la couette
à bailler m’étirer hésiter
se lever ou replonger ?
je dérive quelque part
entre sommeil et réveil
il est bien trop tôt
pour allumer la radio
ou même pour penser
aux exercices du kiné
je pourrais prendre un livre
voire me faire un café
mais je préfère encore
savourer la détente du corps
je dérive quelque part
entre sommeil et réveil
entre réveil et sommeil
les heures ont largué les amarres
le temps flotte immobile
tant pis pour ce monde futile
je déciderai plus tard
si je dois accoster
aux berges du réel
