Un livre accordéon de 13 haïkus urbains, dessins à l’encre et au crayon.
sortie du métro –
avec son bouquet de fleurs
depuis 20 minutes
manteau rouge
perdu dansla foule
je ne vois qu’elle
Alain Henry
Un livre accordéon de 13 haïkus urbains, dessins à l’encre et au crayon.
sortie du métro –
avec son bouquet de fleurs
depuis 20 minutes
manteau rouge
perdu dansla foule
je ne vois qu’elle
ils ont éteint les étoiles
les lumières de la ville
la fumée des usines
plein feu dans les stades
que reste-t-il pour les astronomes, les poètes, les amoureux ?
et pour nous faire rêver ?
sinon un écran de télé
ou un papier cadeau
ils ont éteint les étoiles
il reste les réverbères
les publicités
les illuminations des supermarchés
quelques gyrophares
les témoins des caméras de surveillance
et dans la nuit
les yeux des loups qui fondent sur leur proie.
ils ont éteint les étoiles
sont-elles encore là
derrière les nuages et la poussière ?
ils ont éteint ce rêve d’infini, d’un ailleurs, d’un meilleur
sans étoile, comment trouver le Nord ?
ils ont éteint les étoiles
gardez toujours une boîte d’allumettes
un briquet, un charbon ardent
pour les rallumer
pour raviver la flamme
Vieillir
toute la vie
j’ai grandi
à quel moment
ai-je commencé à vieillir ?
au départ, tout va bien
un imperceptible changement
un autre
rien, quoi
longtemps, insouciant
je gambadais sur les chemins de montagne
toujours aussi fort
à dédaigner la fatigue
à enchaîner les sorties
un jour pourtant
un obstacle un peu plus élevé
une nuit trop courte
ou le hasard
j’ai trébuché
pour la première fois
je me suis relevé, oh, sans effort
mais voilà
je n’étais plus invincible
je vous souhaite
de réaliser
tous ces rêves
soi-disant impossibles
la paix sur Terre
éradiquer la misère
et puis, à l’improvisade
des roses sans épine
le Galibier ou le Tourmalet en monocycle
danser sur sa tête
marcher sur la Lune
courir dans les nuages
s’abreuver au feu d’un volcan
pour les rêves raisonnables
à vous de voir
sans oublier
de viser l’étoile
tout au loin
Note: « à l’improvisade« , extrait de Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte I, Scène IV.
père Noël en chocolat
déjà plus
que les pieds
sur le pont des Arts
et ailleurs
sur des grilles
à Rome, à Séoul, à Singapour
des cadenas
des cadenas d’amour
verrouiller l’amour
se rassurer
peur de l’avenir
l’amour change
besoin de certain
planter un arbre –
c’est creuser la terre
pour une naissance
Vert
porte malheur
il paraît
Pourtant vert
c’est la vie
le bois vert
pas le bois mort
À quoi bon écrire un poème
puisque tout périra ?
à quoi bon, si le monde doit disparaître
dans le feu nucléaire
ou l’effet de serre
à quoi bon, si rien n’est éternel
délicatement
il déshabille
le mannequin