jardinage
30 ans le matin
80 le soir
toujours la même heure
l’horloge
tatouée sur son bras
quai moussu
quand est passé
le dernier train ?
Alain Henry
jardinage
30 ans le matin
80 le soir
toujours la même heure
l’horloge
tatouée sur son bras
quai moussu
quand est passé
le dernier train ?
repas plantureux
j’ai pris du poids
dans les paupières
bientôt la retraite
toujours envie
d’une pause de quatre heures
chandeleur
la première crêpe exhibée
à toute la famille
Le printemps a perdu ses couleurs.
Ce matin, le soleil est ailleurs;
jusqu’à l’horizon
la poussière des explosions
et parfois l’éclair
d’un coup de canon.
Où sont les couleurs du printemps ?
Piétinés, écrasés
l’éclair bleu du martin-pêcheur,
le vert tendre du bourgeon
la pivoine éclatante
et le discret muscari.
Le printemps a perdu ses couleurs.
Où sont les odeurs, les saveurs,
La chaleur des amants
et le rire des enfants ?
Pour les poètes, un sale temps
et pour le blé dans les champs.
Où sont les couleurs du printemps ?
Il reste le rouge
dans les yeux des bourreaux
et parfois le brun
d’une croûte de sang.
Où sont les couleurs du printemps ?
Il reste le rouge,
la braise qui couve,
l’espoir qu’on retrouve.
Une fable à la manière de La Fontaine.
Un sablier trônait sur une table
très fier d’être du temps le responsable.
Dans le jardin de la maison
bondissait partout un ballon.
A chaque heure sa raison
disait le sablier, se retournant.
A quoi bon disait le ballon
je préfère jouer avec les enfants.
haut de l’escalier
une pub contre la chute
des cheveux
ruisseau de montagne
je prends un bain
de paysages
Haïkus écrits principalement pendant une semaine de randonnée en montagne autour de Jausier (Alpes du Sud)
Poursuivre la lecture de « Haïkus – juillet 2022 »plage d’Arrabida
danse des touristes
pieds nus sur les galets
Haïkus écrits lors d’un séjour à Palmela au Portugal (entre Lisbonne et Setubal).
Poursuivre la lecture de « Haïkus – juin 2022 »d’un seul morceau
l’épluchure de mandarine
jeu d’enfant
jeu de vie
à chaque fruit
nouveau défi
dès l’amorce
sentir l’écorce
encore fraîche
ou un peu sèche
au premier geste
elle nous dit
c’est bien parti
ou c’est hardi
surtout
rester attentif
jusqu’au bout
anticiper
la fragilité
parfois l’épluchure
tient à un fil
éviter la déchirure
le geste vif
l’erreur fatale
puis le défi
réussi
l’épluchure étalée
comme une fleur
un dinosaure
ou un serpent
goûter le fruit
à pleine dent
croquer la vie
apéritif –
discussion interrompue
par l’odeur de brûlé
banc public
dans le tas de couvertures
un bras nu
Mon premier recueil !
Ecrit par quatre plumes françoise Gabriel, Alain Henry, Jacques Michonnet, Jean Luc Werpin), un recueil de textes courts écrits dans l’esprit des haïkus japonais qui montrent des scènes prises sur le vif, avec poésie, humour, gravité parfois.

Il est disponible auprès des auteurs, ou chez l’éditeur Jacques Flament.