fête de l’école –
sur la scène
que des vedettes
fête de l’école –
plus de téléphones
que d’enfants
au fronton
de l’épicerie
« alimentation géniale »
Alain Henry
fête de l’école –
sur la scène
que des vedettes
fête de l’école –
plus de téléphones
que d’enfants
au fronton
de l’épicerie
« alimentation géniale »
seau après seau –
l’enfant
vide la mer
l’enfant à trottinette
et le vieux en voiturette –
quelle course !
escalier vers la plage –
file pour attendre
la marée basse
je regarde ma peau qui paraît-il est blanche
je regarde ma peau je vois surtout du rose
un peu d’ivoire avec les veines un peu de bleu
un peu de mélanine et puis l’hémoglobine
le sang des vaisseaux capillaires c’est ça qui fait le rose
Martin Nelson Rosa Christiane et Amanda
je regarde votre peau qui paraît-il est noire
je regarde votre peau je vois surtout du brun
beaucoup de mélanine et en-dessous la même hémoglobine
noire blanche rose brune rouge jaune olivâtre ou ivoirine
je ne parlerai que des peaux roses car je n’ose
mettre en cause d’autres peaux que celle dont je dispose
je propose de remplacer le blanc par le rose
si on est chevalier blanc probe et libre
c’est l’utopie Cincinnatus incorruptible
la réalité n’est pas cet idéal de roman
le patriarcat blanc serait moins violent
s’il était tempéré de rose et de féminité
je regarde ma peau et je vois qu’elle est rose
si on parlait de l’exacte couleur des choses
les suprémacistes blancs et leurs âmes noires
deviendraient d’un coup des suprémacistes roses
ce serait il est vrai beaucoup moins inquiétant
que l’acharnement sanglant du ku klux klan
Je regarde ma peau et je vois – on s’en fout –
rose ou blanche l’important c’est ce qu’il y a dedans
si on en reste à la couleur de l’extérieur
on en oublie le cœur les humeurs les frayeurs
l’ardeur des amants et la pudeur des timides
dont les joues rosissent à la moindre lueur de bonheur
je conclus : il faut désormais parler d’Homme rose
d’ailleurs le poète l’a dit : l’important, c’est la rose !
mille neuf cent quatre-vingt,
quand j’étais gamin
c’était après-demain,
un tremplin
vers l’horizon lointain
de nos rêves, nos espoirs
et depuis, quels déboires !
mille neuf cent quatre-vingt, enfin tout serait bien
paix, amour, volupté, les hippies par milliers
pendant tout’ la journée, jouer, danser, aimer
l’énergie bon marché, même plus la payer
pareil chez le barbier, on raserait sans casquer
pour tout le monde à manger, même plus travailler
les robots, les machines, nous auraient remplacés
mille neuf cent quatre-vingt, enfin tout serait bien
on n’avait pas encore la crainte de demain.
Je me demande, qui nous a mis dans ce pétrin ?
aujourd’hui, pour 2030 ou 50, quels espoirs ?
nos rêves sont-ils devenus des cauchemars ?
le climat, les PFAS,
la chimie, l’industrie
le manque de carburant,
de gaz, de courant
les repas en barquette,
le gras, le pharma
le temps froid ou brûlant,
aride ou humide,
les incendies
les maladies,
épidémie, épizooties
sans parler de comment
on va payer
l’énergie, le barbier,
et pour manger, pour se loger ?
et maintenant ?
les années 2020
est-ce que notre demain
sera aussi bien
que le demain
des années quatre-vingt ?
Un kukaï presque confidentiel pour cette clôture de la saison 2024-2025 à la Maison de la Francité : nous étions huit participants, mais de qualité ! Le thème proposé était Pâques, les œufs, les poules et les coqs.
Alain rappelle d’abord la publication du le recueil 2019-2024 du kukaï du lion. Il contient les haïkus sélectionnés (au moins deux voix) depuis sa création en 2019 par Karin Louryan, y compris ceux de la saison 2023-24. Des illustrations de Françoise Gabriel enrichissent le recueil. Il est proposé au prix coûtant de 5 euros (plus frais d’envoi éventuels).
Les dates des kukaï de la saison 2025-2026 sont fixées : les samedi 4 octobre et 6 décembre 2025, et les samedi 7 mars et 30 mai 2026, toujours de 15h à 18h à la Maison de la Francité.
Voici les haïkus retenus.
Avec 4 voix
l’enfant à trottinette
et le vieux en voiturette –
font la course [après discussion au kukaï : « quelle course ! »]
Alain Henry
Avec trois voix
Du ciel tombent des diamants
Un sur mon nez
Une perle de rosée
Michel Moncheur
Poursuivre la lecture de « Kukaï du lion – 24 mai 2025 »j’ai reçu une nouvelle carte de banque
j’ai beau fouiller mes poches
mon paletot, ma sacoche
me torturer la caboche
je l’avais noté sur un bout de papier
où est-ce que je l’ai fourré ?
le code pratique
de ce bout de plastique
premier essai – oh, raté !
Février est le mois le plus court de l’année, c’est donc le mois du haïku. A cette occasion, un National Haiku Writing Month (NaHaiWriMo) est organisé pour les anglophones, ainsi qu’un NaHaiWriMo en français pour les francophones. Un thème est proposé chaque jour? Cette année, en français, c’était les émotions. Voici mes haïkus écrits à cette occasion.
1er février – Admiration
elle danse
lentement
la main du calligraphe
2 février – Nostalgie
le parfum
des épicéas –
balade hivernale
le sèche-cheveux
plus fort que la musique –
ses doigts dans mes cheveux
elle remonte lentement
la file de voitures –
gobelet à la main
les cheveux
au vent –
du train qui passe
elle remonte lentement
la file de voitures
gobelet à la main
parfois une vitre s’abaisse
on lui glisse une pièce
parfois une vitre se relève
pour écarter la pauvresse
éviter de refuser
éviter même de penser
à l’altérité
peut-être un peu gêné
depuis le temps
elle est blindée
vitres fermées
regards qui fuient
ceux qui s’affairent
ceux qui espèrent
que le feu passe au vert
ceux qui avancent
de cinquante centimètres
parfois les grimaces
les menaces
les insultes
le 24 du 12 / 1968
les 3 astronautes de la première mission lunaire Apollo 8
lors de leur 4ème orbite autour de notre satellite
ont vu
la Terre
s’élever de l’horizon lunaire
Bill Anders a pris ce cliché légendaire
Lever de Terre
« parti pour explorer la Lune,
nous avons découvert la Terre »
j’ai grandi avec cette image
punaisée au mur de ma chambre
aventure lunaire
qui a baigné mon enfance
m’a orienté vers les sciences
prise de conscience
cette petite boule bleue
notre maison dans l’univers