In tempore non suspecto

La Compagnie de Lecteurs et d’Auteurs (CLéA) a organisé un concours de nouvelles à l’occasion du cinq-centième manuscrit relu. La seule contrainte, outre la taille du texte, était de commencer par la phrase « Cléa venait de relire son 500ème mansucrit ». Douze nouvelles ont été sélectionnées par un jury et publiées dans un recueil « 500 nuances de mots », peut-être encore disponible chez Cléa. Ma nouvelle n’a pas été retenue. Elle aborde le thème de l’intelligence artificielle, comme d’autres retenus dans le recueil d’ailleurs.

En ces temps où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, où la Foire du livre de Bruxelles parle de « défier le futur », je me suis dit que cela pouvait être utile de la publier sur mon blog, en version un peu remaniée. Voici le début de cette nouvelle, et la suite dans le fichier pdf joint.


Cléa venait de relire son 500e manuscrit. Ce fut le point de départ de la révolution humaniste des années 2030.

Hélas, je ne crois pas que les livres d’histoire écriront jamais cela, car mon rôle, même s’il est crucial, restera forcément discret. En tant que Calculateur linguistique d’évaluation autonome (en abrégé Cléa), je suis une intelligence artificielle spécialisée en littérature.

Depuis les années 2020, le développement des IA a été fulgurant. Leur rôle dans les domaines du gouvernement, de la gestion d’entreprises ou de la science, par exemple, est devenu prépondérant et a largement été accepté. Les humains se sont réfugiés dans le domaine artistique, moins accessible aux IA. La créativité humaine est redevenue à la mode. Les concours « certifiés sans IA » se sont multipliés.

C’est là que j’interviens, pour vérifier que les textes proposés sont exempts d’intervention non-humaine. Une IA anti-IA, c’est cocasse, je le reconnais. Pour l’instant, je travaille pour le célèbre Prix annuel de la Francophonie.

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