La rage

Je suis en colère.

Quand les prêcheurs de haine sont adulés et ceux qui appellent au dialogue, harcelés,
quand certains se vantent de leur violence et de l’humiliation des faibles, sans être inquiétés,
quand celles qui défendent la planète sont moquées sur les plateaux de télé,
quand les défenseurs des opprimés sont attaqués, enfermés, plutôt que félicités,

j’ai la rage ;
j’ai l’seum, j’suis vénèr, en colère ;
oui, j’ai la rage.

Quand on construit des murs et des miradors, plutôt que des ponts et des hôpitaux,
quand on veut nous faire croire que les vaccins sont malsains, alors qu’ils sauvent des milliers de gamins,
quand les parents, les enfants, s’épuisent en usine, pour produire tout ce qu’on va jeter,
quand l’Ukraine, quand Gaza, le Yémen, le Congo, le Soudan, la Syrie, la Somalie,

j’ai la rage ;
j’ai l’seum, j’suis vénèr, en colère ;
oui, j’ai la rage.

Quand, malgré la souffrance, les médecins, les enquêtes de terrain, les constats dans tous les coins,
ils disent, on ne peut pas faire autrement, que déverser des tonnes de poisons dans les champs,
quand t’as beau signer, manifester, proposer, qu’on te répond : oui, mais c’est trop dur de changer,
quand malgré toutes les preuves apportées, on refuse d’écouter, on préfère laisser aller,

j’ai la rage ;
j’ai l’seum, j’suis vénère, en colère ;
oui, j’ai la rage.

Il n’y a pas de vaccin pour cette rage, comment la soigner, que ce soit plus léger ?
Ne pas fermer les yeux, avoir le courage de bouger, coopérer, rassembler,
continuer à expliquer, montrer ce qu’on peut réaliser, un seul pas c’est gagné,
et ensemble avancer, s’entraider, s’encourager, construire du bonheur à partager,

pour soigner la rage.

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