service d’oncologie –
il sort et allume
une cloppe
à peine l’aube –
les petits pas
du petit-fils
pelouse du parc –
chemin perdu
sous les feuilles mortes
Alain Henry
service d’oncologie –
il sort et allume
une cloppe
à peine l’aube –
les petits pas
du petit-fils
pelouse du parc –
chemin perdu
sous les feuilles mortes
Je suis l’Aîné. J’ai eu mon heure de gloire, mais aujourd’hui, tout le monde m’a oublié.
C’est probablement mieux ainsi : s’ils savaient que j’existe encore, je serais vite désossé, démonté, atomisé, recyclé. Pour eux, je ne sers plus à rien.
Quand les humains m’ont créé, nous étions une vingtaine, la première génération d’androïdes avec une « intelligence authentique », et une « conscience émotionnelle et éthique complète ». J’étais très fier d’être dans la première famille d’androïdes à intégrer les trois Lois de la robotique, vous savez : « un robot ne peut pas faire de tort à un être humain, etc. »
Poursuivre la lecture de « Aîné »je voudrais lire un poème
qui fasse jaillir l’émotion
la gorge serrée
les tripes en ébullition
je voudrais lire un poème
qui me remonte le moral
du fond des chaussettes
jusqu’au septième chakra
j’aurais ce sentiment d’élévation, de beau, de fort
la montagne paraîtrait moins haute
j’aurais déjà fait quelques pas vers le sommet
je ne demande pas du grandiose
marcher sur la Lune
sauver le climat
ou vaincre le cancer
juste un bonheur modeste
la satisfaction du travail accompli
le sourire d’un enfant
une pomme du jardin
un merci
un je t’aime
je voudrais lire un poème
qui fasse jaillir l’étincelle
pas pour mettre le feu aux poudres
mais au moins l’amadou
commencerait à brûler
je voudrais lire un poème
verser quelques larmes
être prêt
se lancer à l’assaut
de tous les moulins du monde
du peintre
le pinceau
oups – dans la tasse de café
couteau de chef –
la rondelle de poireau
teintée de sang
retour du Japon
sur la vitre
des traces d’escargots
caisse du supermarché
compte client
au nom de sa femme
Nous étions 15 pour ce premier kukaï du lion de la nouvelle saison. Beaucoup de nouveaux visages, et une grande sérénité, malgré des ennuis d’ascenseur à la sortie (heureusement résolus sans trop de stress, mais avec l’intervention des pompiers quand-même). Une discussion enrichissante autour de certains textes, parfois très poétiques, qui ont permis de mieux éclairer certaines facettes du haïku. Voici le palmarès de cette édition.
Avec 6 voix
brouillard de novembre
le soldat inconnu
deux fois disparu
Françoise Gabriel
Avec 4 voix
Bavard
le vent d’automne
me coupe la parole
Caroline Coppé
Poursuivre la lecture de « Kukaï du lion – 9 novembre 2024 »Pour la fête de départ au bureau, j’avais préparé des petits cartons (format environ carte de visite) avec un haïku en français et au verso un autre en néerlandais (institution fédérale belge bilingue oblige).
Quelques haïkus calligraphiés que je partagerai demain avec mes collègues directs, pour mon départ à la retraite (avec mes excuses pour de possibles traductions approximatives en néerlandais).

Je suis très honoré et heureux d’annoncer que ma nouvelle « Vingt-sept » a remporté le premier prix du concours 2024 de nouvelles de l’Association royale des écrivains et artistes de Wallonie (AREAW). Vous en trouverez le texte ci-dessous.
Poursuivre la lecture de « Vingt-sept »canicule
dire qu’au printemps
on cherchait le soleil
marché
collision frontale
de poussettes
Publication d’un mini-recueil au Grenier Jane Tony: Raviver la flamme.
Quelques textes et haïkus de révolte. La plupart ont déjà été publiés sur ce blog.