Nous étions 12 pour le huitième kukaï du lion, à la maison de la Francité, ce samedi 21 octobre. Le kukaï du lion a été initié par Karin Louryan à Waterloo (d’où le nom…), et nous continuons ce kukaï en sa mémoire.
Ambiance très sereine et riche en échange. Nous avons testé une nouvelle formule, suggérée par Sprite London (Claire). Chaque personne a proposé 6 haïkus. Elle les a lu, ils ont été discutés et commentés et, par un vote à mains levées, nous avons ensemble choisi nos deux préférés. Voici ceux qui ont été retenus, présentés par ordre alphabétique inverse du prénom. Merci à toutes et tous pour cet excellent après-midi.
L’arbre se revêt
les nuances de vert
lire à l’abri du soleil
le filet est vide et oublié
pendouillant sur l’arbre fleuri
métronome fou
Romain Helleputte
excursion
le wagon pris d’assaut
par les vieilles dames
vieux couple
le dernier carré de chocolat
coupé en deux
Marie-France Evrard
tilleuls en fleurs
le chevrotement de sa voix
quand il a dit oui
deux mouches l’une sur l’autre
mon chéri dit
la plus belle des morts
Marie Derley
mots vagabonds
vos itinéraires clandestins
me comblent
aujourd’hui peut-être
tout le poids
d’un poil dans ma main
Jean-Luc Werpin
les vieilles photos
une autre histoire – la nôtre
aux bords dentelés
Siècle des Lumières
au fil de l’histoire
le conteur disjoncte
Jacques Michonnet
sol verglacé
empreintes de boues durcies
mes semelles claquent
empreintes dans le neige
par hasard calligraphie
pointillés d’allers-retours
Jacqueline Luc
au vent du Nord
ondulation des vagues
douce extase
dans le douce nuit
le chien dort paisiblement
et moi je rêve
Françoise Vigneron
élagage des saules –
une branche épargnée
porte haut son nid
premier banc de brume –
le soleil pour un instant
devient pleine lune
Françoise Gabriel
ciel gris ardoise
un grain en bord de plage
sable agaçant
tapis nus sous l’eau
barrière de granit brun
rituel caché
Cécile Plas
combien d’années
au galet
pour descendre à la plage ?
à travers le pare-brise
le ciel
taché de fientes
Caroline Coppé
ciel brumeux
la machine a café
allume le matin
silencieuse
la première levée
la rosée du matin
Camille Moerenhout
jambe cassée
je peux marcher
sur les mains
réseau en panne
toute l’assemblée
suspendue à un fil
Alain Henry
