le sèche-cheveux
plus fort que la musique –
ses doigts dans mes cheveux
elle remonte lentement
la file de voitures –
gobelet à la main
les cheveux
au vent –
du train qui passe
Alain Henry
le sèche-cheveux
plus fort que la musique –
ses doigts dans mes cheveux
elle remonte lentement
la file de voitures –
gobelet à la main
les cheveux
au vent –
du train qui passe
elle remonte lentement
la file de voitures
gobelet à la main
parfois une vitre s’abaisse
on lui glisse une pièce
parfois une vitre se relève
pour écarter la pauvresse
éviter de refuser
éviter même de penser
à l’altérité
peut-être un peu gêné
depuis le temps
elle est blindée
vitres fermées
regards qui fuient
ceux qui s’affairent
ceux qui espèrent
que le feu passe au vert
ceux qui avancent
de cinquante centimètres
parfois les grimaces
les menaces
les insultes
le 24 du 12 / 1968
les 3 astronautes de la première mission lunaire Apollo 8
lors de leur 4ème orbite autour de notre satellite
ont vu
la Terre
s’élever de l’horizon lunaire
Bill Anders a pris ce cliché légendaire
Lever de Terre
« parti pour explorer la Lune,
nous avons découvert la Terre »
j’ai grandi avec cette image
punaisée au mur de ma chambre
aventure lunaire
qui a baigné mon enfance
m’a orienté vers les sciences
prise de conscience
cette petite boule bleue
notre maison dans l’univers
soleil de mars
esplanade du Louvre
Carrousel, Pyramide
quais de Seine
je marche dans l’Histoire
tant de beauté
comment imaginer
les bombes, les chars
la fureur déchaînée
Paris transformé
en Gaza, en Kharkiv
Londres sous le blitz
que faut-il changer
pour que la vie soit préservée
première neige
sur les tombes des fleurs
en plastique
gros bras tatoués, cuir noir –
il se lève
pour la vieille dame
je n’ai plus de mots
tout est figé
la source est tarie
foutu robinet
beaucoup… trop… serré…
je cherche une clé anglaise
un marteau
tout débloquer
défoncer
Un pastiche.
Notre Terre qui n’es pas aux cieux,
et qui es, ici, notre seul paradis,
que ta biodiversité soit célébrée
et ton climat préservé,
que toutes et tous puissent en bénéficier.
Que ta soutenabilité soit faite
sur terre, en mer et dans les airs.
Aide-nous à partager notre pain quotidien
sans l’ôter de la bouche de ceux qui ont faim,
à réduire nos pollutions,
comme nous nettoyons celles que nous rencontrons.
Délivre-nous de l’hyper-production
et nous résisterons aux tentations
des soldes et de la consommation.
service d’oncologie –
il sort et allume
une cloppe
à peine l’aube –
les petits pas
du petit-fils
pelouse du parc –
chemin perdu
sous les feuilles mortes
je voudrais lire un poème
qui fasse jaillir l’émotion
la gorge serrée
les tripes en ébullition
je voudrais lire un poème
qui me remonte le moral
du fond des chaussettes
jusqu’au septième chakra
j’aurais ce sentiment d’élévation, de beau, de fort
la montagne paraîtrait moins haute
j’aurais déjà fait quelques pas vers le sommet
je ne demande pas du grandiose
marcher sur la Lune
sauver le climat
ou vaincre le cancer
juste un bonheur modeste
la satisfaction du travail accompli
le sourire d’un enfant
une pomme du jardin
un merci
un je t’aime
je voudrais lire un poème
qui fasse jaillir l’étincelle
pas pour mettre le feu aux poudres
mais au moins l’amadou
commencerait à brûler
je voudrais lire un poème
verser quelques larmes
être prêt
se lancer à l’assaut
de tous les moulins du monde
du peintre
le pinceau
oups – dans la tasse de café
couteau de chef –
la rondelle de poireau
teintée de sang
retour du Japon
sur la vitre
des traces d’escargots
caisse du supermarché
compte client
au nom de sa femme