Notre Terre

Un pastiche.

Notre Terre qui n’es pas aux cieux,
et qui es, ici, notre seul paradis,
que ta biodiversité soit célébrée
et ton climat préservé,
que toutes et tous puissent en bénéficier.

Que ta soutenabilité soit faite
sur terre, en mer et dans les airs.

Aide-nous à partager notre pain quotidien
sans l’ôter de la bouche de ceux qui ont faim,
à réduire nos pollutions,
comme nous nettoyons celles que nous rencontrons.

Délivre-nous de l’hyper-production
et nous résisterons aux tentations
des soldes et de la consommation.

Lire un poème

je voudrais lire un poème
qui fasse jaillir l’émotion
la gorge serrée
les tripes en ébullition

je voudrais lire un poème
qui me remonte le moral
du fond des chaussettes
jusqu’au septième chakra

j’aurais ce sentiment d’élévation, de beau, de fort
la montagne paraîtrait moins haute
j’aurais déjà fait quelques pas vers le sommet

je ne demande pas du grandiose
marcher sur la Lune
sauver le climat
ou vaincre le cancer

juste un bonheur modeste
la satisfaction du travail accompli
le sourire d’un enfant
une pomme du jardin
un merci
un je t’aime

je voudrais lire un poème
qui fasse jaillir l’étincelle
pas pour mettre le feu aux poudres
mais au moins l’amadou
commencerait à brûler

je voudrais lire un poème
verser quelques larmes
être prêt
se lancer à l’assaut
de tous les moulins du monde

Kukaï du lion – 9 novembre 2024


Nous étions 15 pour ce premier kukaï du lion de la nouvelle saison. Beaucoup de nouveaux visages, et une grande sérénité, malgré des ennuis d’ascenseur à la sortie (heureusement résolus sans trop de stress, mais avec l’intervention des pompiers quand-même). Une discussion enrichissante autour de certains textes, parfois très poétiques, qui ont permis de mieux éclairer certaines facettes du haïku. Voici le palmarès de cette édition.

Avec 6 voix

brouillard de novembre
le soldat inconnu
deux fois disparu

Françoise Gabriel

Avec 4 voix

Bavard
le vent d’automne
me coupe la parole

Caroline Coppé

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Kukaï du lion – 9 décembre 2023

Nous étions 12 pour le septième kukaï du lion, à la maison de la Francité, ce samedi 21 octobre. Le kukaï du lion a été initié par Karin Louryan à Waterloo (d’où le nom…), et nous continuons ce kukaï en sa mémoire.

Excellente ambiance, avec quelques discussions animées autour de la définition du haïku, des règles à suivre (ou pas). Merci à tous et toutes pour cet excellent après-midi. 36 haïkus ont été proposés, et nous avons le temps de les lire tous. Voici ceux qui ont été retenus.

Avec quatre voix

sortie de gare –
regarder la lune
ou le mendiant

Alain Henry

Avec trois voix

Tram du matin
Perché sur son portable
Le chant du Muezzin

Christian Bardoux

nuit de gel –
le pigeon s’installe
dans la mangeoire à mésanges

Françoise Gabriel

Trottoir glacé
Sur la couverture bien pliée
Soigneusement elle se maquille

Christian Bardoux

cyprès au garde à vous
~ pour le corbillard
les derniers honneurs

Jean-Luc Werpin

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Printemps

Le printemps a perdu ses couleurs.
Ce matin, le soleil est ailleurs;
jusqu’à l’horizon
la poussière des explosions
et parfois l’éclair
d’un coup de canon.

Où sont les couleurs du printemps ?
Piétinés, écrasés
l’éclair bleu du martin-pêcheur,
le vert tendre du bourgeon
la pivoine éclatante
et le discret muscari.

Le printemps a perdu ses couleurs.
Où sont les odeurs, les saveurs,
La chaleur des amants
et le rire des enfants ?
Pour les poètes, un sale temps
et pour le blé dans les champs.

Où sont les couleurs du printemps ?
Il reste le rouge
dans les yeux des bourreaux
et parfois le brun
d’une croûte de sang.

Où sont les couleurs du printemps ?
Il reste le rouge,
la braise qui couve,
l’espoir qu’on retrouve.

Jeu d’enfant

d’un seul morceau
l’épluchure de mandarine
jeu d’enfant
jeu de vie
à chaque fruit
nouveau défi

dès l’amorce
sentir l’écorce
encore fraîche
ou un peu sèche
au premier geste
elle nous dit
c’est bien parti
ou c’est hardi

surtout
rester attentif
jusqu’au bout
anticiper
la fragilité
parfois l’épluchure
tient à un fil
éviter la déchirure
le geste vif
l’erreur fatale

puis le défi
réussi
l’épluchure étalée
comme une fleur
un dinosaure
ou un serpent
goûter le fruit
à pleine dent
croquer la vie