Kukaï du lion - Recueil 2019-2024

Kukaï du lion – 24 mai 2025

Un kukaï presque confidentiel pour cette clôture de la saison 2024-2025 à la Maison de la Francité : nous étions huit participants, mais de qualité ! Le thème proposé était Pâques, les œufs, les poules et les coqs.

Alain rappelle d’abord la publication du le recueil 2019-2024 du kukaï du lion. Il contient les haïkus sélectionnés (au moins deux voix) depuis sa création en 2019 par Karin Louryan, y compris ceux de la saison 2023-24. Des illustrations de Françoise Gabriel enrichissent le recueil. Il est proposé au prix coûtant de 5 euros (plus frais d’envoi éventuels).

Les dates des kukaï de la saison 2025-2026 sont fixées : les samedi 4 octobre et 6 décembre 2025, et les samedi 7 mars et 30 mai 2026, toujours de 15h à 18h à la Maison de la Francité.

Voici les haïkus retenus.

Avec 4 voix

l’enfant à trottinette
et le vieux en voiturette –
font la course [après discussion au kukaï : « quelle course ! »]

Alain Henry

Avec trois voix

Du ciel tombent des diamants
Un sur mon nez
Une perle de rosée

Michel Moncheur

Poursuivre la lecture de « Kukaï du lion – 24 mai 2025 »

Ça pique

Chaque fois que j’enfonçais l’aiguille dans le tissu, j’entendais la chouette : « hou ! hou ! »

Cela faisait des heures que je travaillais sur cette robe. Je l’avais promise pour le lendemain et je ne savais pas à quelle heure j’allais terminer. Fatiguée, mal au dos, j’avais de plus en plus de mal à bien tenir l’aiguille, les fils me déchiraient la peau.

Je voulais en finir avec ce travail , me débarrasser de cette cliente insupportable. Hier, elle était revenue pleine de morgue et m’avait jeté la robe à la figure : « c’est du n’importe quoi, il faut tout refaire ! »

Elle m’avait agoni d’injures à propos de l’ajustement précédent, alors que c’était elle qui changeait d’avis à chaque fois. « Plus long ici, plus court là, un ruban rouge, pas bleu, vous êtes vraiment cruche à la fin ! »

Chaque fois que j’enfonçais l’aiguille dans le tissu, j’entendais la chouette. J’imaginais que c’était la vieille qui criait. Cela m’aidait à lutter contre la fatigue. C’était presque une jouissance sadique. J’ai terminé à deux heures du matin, exténuée mais exaltée.

Le lendemain, la cliente n’est pas venue chercher sa robe. Bizarre, alors qu’elle avait tellement insisté. C’était peut-être une vexation de plus. Je suis partie chez elle la déposer. Elle était morte, dans la nuit.

Personne ne savait expliquer les nombreuses petites plaies qu’elle avait sur tout le corps.